Se Déchausser (2016)
Archival Pigment Print - 80 x 120 cm

Cette série interroge les interstices possibles dans la représentation du territoire de travail. Il s’agit d’un entre-deux entre le travail, son espace et la mise en scène et l’acte performatif lié au studio.

Les travailleurs performent dans le lieu où ils réalisent au quotidien leurs activités de travail encadrés par un fond ajouté qui ne prend pas toute la place dans le cadre et qui ne tente pas non plus de devenir un vrai décor. Par contre, il s’intègre en quelque sorte à l’espace de travail en ayant ses défauts et en montrant l’évidence du dispositif et l’intention de la mise en scène.

Il ne s’agit pas seulement d’un interstice spatial mais aussi gestuel. Se déchausser implique un geste où le corps du travailleur abandonne son uniforme de travail. Dans la culture occidentale, le pied porte une composante d’intimité et est gardé avec une sorte de pudeur, on ne se déchausse pas n’importe où soit pour éviter le contact du pied ou de la chaussette avec le sol sale, soit par gène avec celui qui peut nous regarder. 

Cette condition montre dans les images un acte qui relève d’un partage du corps privé pour le besoin photographique. D’un autre côté l’acte d’enlever les chaussures qui font partie de l’uniforme de travail, change le rôle du travailleur pour devenir acteur/actrice dans le nouvel espace de représentation et ainsi performer pour chercher des gestes esthétiques en opposition à la dureté du travail.