Les Écrasés (2016)
Archival Pigment Print - 90 x 120 cm

Cette série questionne les conditions de travail et crée en même temps un paradoxe dans sa représentation. Les objets et uniformes qui ont été utilisés par des travailleurs pour la réalisation de leurs tâches sont scannés afin d’obtenir des images singulières et riches en détails.
 
Cette technique d’enregistrement de l’image impose l’écrasement  des objets numérisés. L’écrasement physique des objets résonne avec l’écrasement social subi par les individus qui exercent des activités non qualifiées et qui ne relèvent pas d’une qualité d’artisanat mais de travail manuel et répétitif. Leur quotidien est entouré de précarité et d’instabilité, conditions qui sont de plus en plus communes et présentes dans toutes les échelles de notre société. 

Les objets ne sont pas totalement écrasés dans les images, ce petit espace laisse encore une place pour que le volume se crée et une perception de tridimensionnalité malgré tout soit mise en place. Cette tridimensionnalité fait appel à une présence (malgré son absence) d’un corps qui prend acte chaque jour avec ces objets au travail.

D’un autre côté, l’image porte en soi une forme esthétique très importante, celle de l’agrandissement. Cette forme est censée normalement faire ressortir le côté spectaculaire et contemplatif des images, mais avec «Les Écrases», l’hyper-agrandissement joue pour magnifier le vécu, la salissure et l’abîmé. C’est une sorte d’exaltation des «défauts» qui les amène au niveau esthétique.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle technique ou forme de réalisation d’images, mais il s’agit d’un outil pour créer des nouveaux rapports politiques et esthétiques du travail avec l’image.